
L’aventure commence à l’été 2019, à l’un de ces carrefours que la vie met parfois sur notre chemin. Du changement, un déménagement à la campagne et une envie de découvrir les forêts et d’explorer les chemins qui partaient de chez moi… et pour y donner du sens, j’ai l’idée de me commander un appareil photo. Je ne pense pas qu’un seul jour soit passé depuis sans que l’on ne puisse y trouver un lien avec la photographie.
Je me souviens qu’au début, cet appareil photo était mon prétexte pour mettre le nez dehors. Et puis à force, c’est devenu la raison principale de mes excursions. Je pense que maintenant on est devenu un tout lui et moi, être dehors avec mon appareil fait simplement partie de ma vie.
Photographie macro et araignées
Depuis ma toute première sortie photo, j’ai été attiré par ce que l’objectif me permettait d’apprécier mieux qu’avec mes seuls yeux. Les petites bêtes sur le bord du chemin, les champignons sous la pluie, la rosée de l’aube sur les toiles d’araignée…

Mais ce n’est que lors de l’été 2021 que je découvre réellement la photographie macro et toutes ses possibilités. J’ai été comme absorbé, tous ces détails, tout ce monde inconnu de bêtes plus étranges les unes que les autres, et pour tout dire, qui m’effrayaient tant auparavant… Car oui, j’ai toujours eu peur des insectes, mais surtout des araignées. J’ai été, et je suis sûrement encore dans une certaine mesure, un arachnophobe. Mais j’ai toujours été fasciné par ces animaux et leur pouvoir de répulsion, et d’attraction…
Et étrangement, au travers de l’objectif, la peur s’estompait. Ces bêtes grouillantes s’organisaient sous mes yeux, me révelaient des antennes, des pattes tout différentes, des couleurs incroyables, des griffes acérées, des yeux presque expressifs. Certains insectes sont d’ailleurs passé de répugnant à mignon en une après-midi, incroyable. Et puis à force de les observer encore et encore, la curiosité s’est muée en fascination.
Ma démarche
Et je pourrais arrêter le paragraphe ici. Car tout est dans la démarche. Peu importe le résultat, les attentes, les retours, ce qui compte, c’est le processus. J’applique ici aussi, comme dans mes balades, ce concept d’errance consciante. C’est dans l’exploration et une approche toujours empirique que je peux créer.
Je ne serai jamais satisfait d’une photo, non pas par frustration, mais parce qu’elle me donne simplement envie d’en refaire une autre, différente, d’améliorer ceci ou cela. Bref, j’ai du plaisir à faire des photos, et c’est fondamentalement la seule chose qui compte.
Ma photographie se veut aussi être le reflet de ce que l’ordinaire possède de plus extraordinaire. Je ne pense pas que la rareté soit créatrice de valeur. La beauté est partout, il suffit de s’arrêter, de se baisser et de regarder. Je me concentre beaucoup sur ma région, le pied du Jura principalement, les crêtes et ses pâturages, les plaines de l’Orbe, etc.